Groupe WTF - Igorrr

Igorrr, ou le ténor du baroquecore (sisi)

Hey. Salut.

Ça faisait bien longtemps ! Comment allez-vous ? Moi ça va. Allez on y va.

Pendant ces temps torturés, je me suis perdu sur Internet. Loin. J’ai découvert des genres musicaux et des groupes qui sont tellement à part qu’il est impossible de les classer dans un genre, de les mettre dans une case.

Je vais vous parler d’un d’entre eux. Igorrr.

Igorrr, c’est un français qui s’appelle Gautier Serre. Alors que toi t’écoutais peinard du Avril Lavigne et du Nicki Minaj, lui kiffait sur du Meshuggah et Jean-Sébastien Bach (prends ça dans les dents JCVD, même toi tu le fais pas ce grand écart). Et pendant que tu grattais sans grande conviction une guitare sèche pour faire le beau gosse sur la plage, lui apprenait la guitare, le piano, et la batterie. Il joue dans des groupes, et s’initie même à la production de films pour adultes. Éclectique le mec.

Alors tu te doutes bien que ce qui passe à la radio, ça le fait chier. Lui, ce qu’il veut, c’est du Death Metal sur SkyRock, et du Trip Hop - Baroque sur France Classique. Autant dire que le monsieur est assez compliqué à satisfaire. Bah, ni une ni deux, il lance son groupe et compose sa propre musique. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même me direz-vous? Ah bah ça…

Igorrr

Ses deux premiers albums, Poisson soluble et Moisissure, offrent un avant-goût de son génie musical si torturé. Si l'on voulait qualifier sa musique avec des mots connus (et encore…), ça donnerait un truc du genre Experimental - Technico - Death - HipHop - Metal - Progressivo - Baroque - ‘n’Bass. Rien que ça. Ses albums suivants lui offrent une renommée mondiale, et il parvient même à remporter le GoPro Award en 2012 en accompagnant sa poule qui joue du piano.

Le pire, c’est que c’est beau.

Dans ses autres morceaux, il alterne sans gêne chant lyrique soprano et gros scream bien perçant grâce aux nombreux musiciens qui l’épaulent dans l’enregistrement de ses folies musicales. Bon. On ne peut que reconnaître que c’est pas banal.

Et c’est ça qui est génial avec Igorrr. Les morceaux sont tous uniques. Bien qu’on reconnaisse assez facilement sa signature musicale, sa discographie est remplie de folies bizarres aux noms complètement bizarres, chantées dans une langue bizarre, et mêlant des instruments… Loufoques, avec des sons électroniques sortis d’outre-monde. Son imagerie et ses clips sont également très travaillés, tous uniques, et les albums ont chacun une thématique propre, qui ajoutent au génie de son œuvre musicale.

Je vais passer sur ses autres groupes ; Corpo-Mente, un groupe qu’il décrit comme un “duo trip-hop baroque” (c’est pas moi qui le dit, c’est lui), et Whourkr, un groupe où son processus de composition se résume comme suit : “On fait la musique la plus violente et on y va”. Simple, efficace.

Mais c’est dans Igorrr qu’il se reconnaît le plus, et derrière l’apparent foutoir auditif qui peut rebuter un auditeur au premier abord, il suffit de se pencher un peu, calmement, sur l’oeuvre du Monsieur pour comprendre les “patterns” sous-jacents. Et on apprécie beaucoup plus vite qu’on ne pourrait le penser ce délicieux mélange de guitare sataniste et de chants religieux.

Spotify Deezer

Sur ce… À plus. Je vous laisse le temps de savourer sa discographie, et je vous retrouve quand vous aurez digéré tout ça.

Le bisou

Félix Roux